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Ottawa Journal: Style Weekly Homes
16 october 2004
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par
Rhys Phillips
La famille Dupras se balance loin au-dessus du plancher de cette maison moderne, écologique tapie près d’un lac dans les Laurentides
« Pardon pour le bruit », s’excuse l’ingénieur montréalais André Dupras, au cours d’une discussion à bâtons rompus depuis sa maison dans les Laurentides. Il y a des enfants qui regardent ma fille en train de sauter au bungee dans le salon. Et quand elle ne fait pas du bungee ou que sa mère, l’artiste de cirque Marie-Josée Dupras, ne s’entraîne pas au trapèze, il arrive que les enfants jouent au badminton, sur un terrain olympique réglementaire, à même la pièce ou encore, lancent des ballons dans un panier du basket-ball.
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La maison des Dupras est un tantinet hors du commun. Totalement informatisée ce modèle d’économie d’énergie affiche un modernisme avancé.
L’enveloppe de la résidence des Dupras, installée sur les bords d’un lac aux eaux claires, dans les basses Laurentides, à une heure de route de Montréal, recèle de nombreuses leçons de conception et de technologie.
D’abord la maison de 6 400 pi.2 peut se targuer d’un volume intérieur de 104 107 pi.3, ce qui représente plus du double de l’espace d’une maison traditionnelle. Elle a aussi été conçue pour le style de vie particulier de la famille. De plus, elle est écologique, ce qui lui a permis de remporter, au Québec, le prix du concours Énergia, pour sa conception résidentielle verte, en 2003.
La maison, conçue en collaboration avec l’architecte Benoît Pelchat, est installée sur 5 acres de terrain humide ce qui a amené l’ingénieur propriétaire à s’assurer qu’il ne s’agissait pas d’un environnement humide protégé. Il n’y a pas de sous-sol : au lieu de quoi, l’architecte a commandé 400 camions de remblai qui a été soigneusement étagé et compacté mécaniquement, à tous les 10 pouces, avant que ne soit coulée une dalle de ciment en guise de fondation.
La maison est bien en retrait du bord du lac protégeant ainsi ses berges naturelles. Le plan en forme de croix rappelle beaucoup celui d’une cathédrale gothique avec sa nef de 27 pi. x 110 pi. croisée par un transept symétrique de 27 pi. x 60 pi. s’élevant à 31 pi. au-dessus du plancher de l’immeuble de deux étages.
Tout le mur est constitué d’un rideau de fenêtres à double vitrage, une devanture qu’on retrouve plus souvent sur un immeuble commercial que sur une résidence. Cela donne comme résultat une vue imprenable sur le lac et les collines environnantes et un sentiment de la fusion des espaces intérieurs et extérieurs.
Les fenêtres, placées en hauteur le long du côté nord de la maison, captent encore davantage de lumière naturelle.
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Cette merveilleuse grande salle est davantage qu’un simple caprice. Non seulement Marie-Josée Dupras est-elle la présidente de sa propre compagnie, CirqueFantasticConcept, elle est, elle-même, une artiste accomplie du trapèze et des autres appareils de haute voltige aérienne. Chose certaine, elle n’a pas besoin de louer d’espace de gymnase pour perfectionner sa technique.
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Regardez bien, et vous verrez des morceaux d’équipements de pratique suspendus aux poutres du plafond loin au-dessus du plancher.
Regardez la partie nord de la maison et le plafond est ramené à 20 pieds et la cuisine, qui contient un énorme îlot de merisier massif qui sépare la grande salle du coin cuisine tout en offrant un endroit rêvé pour partager un petit déjeuner, tôt le matin ou un souper, tard le soir. Un deuxième îlot sert à préparer les aliments.
Maintenant jetez un coup d’œil à l’aile sud, la plus longue, où le plafond est ramené encore plus bas, au niveau de celui d’un salon/salle médias dans une maison à un étage. Le drame n’est pas loin cependant, car il y a, au deuxième étage, un bureau balcon qui ouvre sur la grande salle avec vue imprenable sur le lac.
La maison des Dupras a été conçue pour profiter du paysage extérieur avec les corridors du rez-de-chaussée de l’aile sud donnant sur l’extérieur tout en entourant une pièce intérieure qui loge le système sophistiqué d’énergie.
Le corridor du côté est de la maison donne sur le lac et a des portes qui ouvrent sur une vaste terrasse menant à une chambre à coucher en coin, au premier étage. Du côté ouest, une salle, toute en hauteur, se termine sur un escalier d’acier et de bois qui mène à trois chambres à coucher avec façade sur le lac. Au-dessus de cette salle, il y a un balcon de passage relié au bureau. Une généreuse suite, réservée aux invités, occupe le second niveau de l’aile nord.
Une construction spéciale est requise pour supporter cette maison unique faite entièrement de poutres d’acier en I, fabriquées en usine puis assemblées sur place. Même pour le plafond, on a utilisé des poutres d’acier capables de supporter, à la fois, la grande quantité de neige déversée au cours des hivers québécois et les jeux de cirque de la famille Dupras.
L’architecte a laissé le dessous du plafond en tôle d’acier ondulé à découvert en plaçant l’isolant et la membrane du côté extérieur du toit. Des contreventements transversaux procurent le support latéral requis, laissant les volumes intérieurs libres de colonnes structurelles, donnant ainsi davantage de place pour les numéros de trapèze.
Les propriétaires ont investi l’essentiel de leur budget dans la conception extérieure et l’enveloppe de la maison et très peu sur la finition intérieure. « Nous avons investi moins de 2 000 $ dans la finition en utilisant des accessoires industriels peu dispendieux de chez Home Dépôt, » affirme Dupras.
Les résultats sont des espaces dramatiques et animés. L’acier à nu constitue une charpente musclée autour des vastes panneaux muraux secs peints en couleurs vibrantes jaune, rouge et mauve. Ces surfaces servent de fond aux très grands tableaux représentant des hommes musclés et de femmes aux lèvres pulpeuses de la peintre québécoise Johanne Corno.
Puis, Dupras a acheté des grumes de cèdre dont il s’est servi pour l’extérieur et qu’il a ramené à l’intérieur pour recouvrir le premier étage de la grande salle.
Au cours du processus de conception, l’ingénieur a aussi fait appel à la technologie pour rendre sa maison plus « intelligente ». En 1988, alors que les PC venaient tout juste d’apparaître sur le marché, il avait programmé son appartement de Montréal à l’aide de 50 programmes différents. « Lorsque quelqu’un sonnait à la porte, » raconte-t-il en riant, « l’ordinateur arrêtait l’aspirateur! Mais je reconnais que c’était peut être excessif. »
Aujourd’hui, cinq programmes gèrent toute la maison et contrôlent 42 différentes zones de confort thermique de même que la sécurité, l’éclairage, le son et les systèmes d’irrigation enfouis dans le sol.
Un logiciel de pointe gère plusieurs caméras qui permettent à Dupras de voir ce qui se passe dans la maison. Comme les autres systèmes, il peut être contrôlé à distance de n’importe où au monde. S’il n’y a pas d’accès Internet par câble, il peut faire fonctionner son portable à partir son cellulaire.
La résidence des Dupras est bien une maison du 21ième siècle—flexible, durable, respectueuse de l’environnement et branchée. Son rapport intime avec le paysage n’est qu’un attrait de plus.
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LEÇONS DE TECHNOLOGIE POUR ÉCONOMISER GROS EN ÉNERGIE
L’ingénieur montréalais André Dupras est sérieux lorsqu’il affirme que sa profession doit assumer la responsabilité de proposer des solutions vertes pour les immeubles.
Sa maison en bordure de lac est un excellent exemple de conception non-conventionnelle et novatrice et de système d’énergie géothermique testé à l’origine par des simulations informatiques. Voici quelques-unes des technologies intelligentes dont est dotée sa maison.
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UNE ENVELOPPE ÉTANCHE
Pour créer une enveloppe optimale, Dupras a érigé une structure préfabriquée en acier à laquelle il a fixé un mur de métal à colombages, à assemblage flexible. Il a appliqué des panneaux muraux secs au mur à colombages pour ensuite couvrir le tout de 2.5 cm d’isolant acoustique et thermométrique. Après quoi, il a posé du lattis à l’horizontale pour recevoir davantage d’isolant.
Dupras a ensuite fixé des poutrelles en v et du bardage de cèdre extérieur. Des ouvertures en haut des poutrelles permettent à la chaleur de l’intérieur de la cavité de s’échapper pour la ventilation, en été. L’hiver, les ouvertures sont fermées pour retenir et chauffer l’air, ce qui contribue à chauffer l’intérieur. Les portes et les fenêtres commerciales fixées au mur en colombages flexible ne sont nullement affectées par un quelconque mouvement de la charpente. De plus, les deux impressionnants balcons d’acier ne sont pas en contact avec l’intérieur de la charpente d’acier afin de s’assurer qu’ils n’auront pas l’effet de ponts thermiques.
LEÇONS GÉOTHERMIQUES
Sans doute que l’aspect le plus intéressant du système énergétique de la maison est son échangeur d’air géothermique. Le rez-de-chaussée est constitué d’une dalle de béton d’à peu près 13 cm couvrant des tuyaux d’eau installés sur deux épaisseurs d’isolant rigide et dégageant de la chaleur rayonnante ou de la fraîcheur. Le niveau supérieur est aussi en béton avec les tuyaux disposés sur une plaque d’acier recouverte d’une membrane réfléchissante. Une grosse pompe pousse l’eau dans un circuit fermé de tuyaux enfouis dans un champ près du côté ouest de la maison. L’hiver, l’eau absorbe la chaleur du sol et l’été, elle est refroidie.
Cinq pompes plus petites règlent le débit de l’eau jusqu’aux échangeurs et une deuxième grosse pompe propulse l’eau dans les planchers. Tout ceci fait que les Dupras n’achètent qu’un seul kilowatt d’électricité pour produire quatre kilowatts d’énergie.
En plus du chauffage de plancher rayonnant, trois des pompes en asservissement convertissent l’énergie de l’eau en air forcé distribué par des canons à chaleur en acier inoxydable du fabricant allemand Krantz.
En hiver, la chaleur est diffusée sur le mur de verre, alors qu’en été les canons la redirigent pour la souffler le long des plafonds de la grande salle, permettant à l’air frais de descendre au niveau du sol.
MICRO CLIMATS
La maison est divisée en 10 zones de confort différentes qui peuvent être programmées ou contrôlées individuellement à l’aide d’un ordinateur digital direct (DDC) Tracer Summit. Une simple interface pour navigateur Web, permet à Dupras de rejoindre le DDC avec son portable et régler la température, la chaleur, l’éclairage, les systèmes de sécurité et d’irrigation à partir de n’importe où au monde. Il y a aussi des panneaux préprogrammés et un poste de travail PC qui permettent de programmer l’ensemble des zones et des fonctions de la maison reliées à la chaleur, aux lampes halogènes et aux services.
Les nombreuses fenêtres de la maison sont placées de manière à tirer profit des mouvements solaires. Même si la grande salle reçoit une lumière indirecte l’été pour minimiser les gains d’énergie solaire, les planchers de béton font figure de masses thermiques passives pour le soleil hivernal. La maison utilise à peu près 60 % moins d’énergie pour le chauffage et le refroidissement qu’une maison comparable dotée d’un système électrique traditionnel.
Notre système coûte plus cher à l’achat mais l’amortissement au Québec n’est que de huit à dix ans. En Ontario, c’est encore moins long » affirme Dupras en ajoutant que c’est de l’énergie propre et renouvelable.
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